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Objectifs de la leçon

Au cours de cette leçon, vous apprendrez à créer votre propre base de données.

Une base de données est un système qui enregistre des informations de manière structurée. De plus, ces différentes informations sont sémantiquement liées entre elles. Enfin, une base de données offre plusieurs bénéfices tels que :

  • pouvoir retrouver facilement une information en formulant un ou plusieurs critères de recherche plus ou moins complexes ;

  • éviter la redondance des informations : une même information n’est, au mieux, présente qu’une seule fois dans la base de données : ainsi, il est facile de modifier cette information ou de repérer des motifs particuliers (similitudes, absences, …​).
    En évitant les informations redondantes, on cherche aussi à éviter les incohérences en cas de modification.

  • mettre en évidence les relations unissant deux informations ou plus ;

  • gérer les permissions, permettant à certaines personnes uniquement de lire ou de modifier des informations ;

  • travailler collaborativement, à plusieurs en même temps sur une même base de données.

Il existe de nombreux systèmes de gestion de bases de données (SGBD). Cependant, la plupart d’entre eux nécessitent une compétence technique relativement poussée. Par exemple, il peut être nécessaire de savoir installer un système complexe de librairies informatiques, ou de maîtriser le langage SQL. Ces pré-requis rendent souvent nécessaire le recours aux services d’un ingénieur (informaticien). Or, toutes les équipes de recherche n’ont pas cette possibilité, encore moins sur le long terme. De plus, recourir à une tierce personne, qui exerce un métier différent du vôtre, est chronophage et, parfois, source d’erreurs. Cela peut être particulièrement problématique quand on parle de données scientifiques, et d’un travail de recherche qui dure des années.

En conséquence, cette leçon vous propose d’illustrer les concepts exposés avec un logiciel le plus pérenne et simple d’accès possible. Un logiciel pensé pour les chercheurs en sciences humaines, par un chercheur en sciences humaines. Ce logiciel, c’est Heurist.

Pré-requis

Cette leçon ne comporte aucun pré-requis technique particulier.

Cependant, une compréhension basique de l’anglais profitera au lecteur. En effet, à l’heure de la rédaction de cette leçon, l’interface graphique d’Heurist n’est pas encore traduite en français.

Encarts

Au fil de cette leçon, vous rencontrerez deux types d’encarts.

Bon à savoir !

Cet encart vous présente des exemples, des tuyaux, des compléments d’information.

Exercices pratiques

Cet encart vous propose un ou plusieurs exercices pour mettre en pratique les concepts que vous venez de lire.

Concevoir sa base de données

Quelques termes à connaîre, tout d’abord :

  • Un enregistrement (record) représente un objet de la base de donnée.

  • Un champ (field) d’un enregistrement représente une information à propos de cet objet. Différents champs peuvent être de différents types, tel que chaîne de caractères (string), valeur numériques (integer), date (date), position géographique, et ainsi de suite.

  • Un modèle (record type) spécifie les points communs entre tous les objets d’un même type.

On peut se représenter une base de donnée comme comprenant un certain nombre de tables (les modèles). Chacune de ces tables a des colonnes (les champs du modèle) et des lignes (les enregistrements).

La conception d’une base de données est un processus de réflexion itératif, qui devrait toujours partir d’une problématique scientifique. Elle peut survenir après une phase de collecte de données, pour la structurer et l’étudier. Cette phase de conception peut aussi survenir avant, pour vous aider à déterminer quelles informations sont intéressantes à collecter.

Dans tous les cas, gardez à l’esprit la nature de vos données collectées : s’agit-il de données primaires, ou secondaires ? Contiennent-elles des biais, erreurs ou incomplétudes, qui risquent de se retrouver dans votre base de données ?

  1. Déterminez les objectifs et les limites de votre base de données. Il sera important de les garder en tête pour ne pas vous perdre dans les détails. Une base de données ne peut pas reproduire l’entièreté de la réalité, mais permet de modéliser ce dont vous avez réellement besoin pour servir vos objectifs.

  2. Décidez des sujets/objets importants : ce sont les modèles de votre base de donnée.

  3. Quelles sont les informations dont vous disposez à propos de ces objets ? De quelles informations avez-vous besoin pour mieux les connaître ? Quelles informations apparaissent régulièrement, d’autres plus rarement ?
    Quelles relations unissent vos objets ? Ces relations ont-elles une sémantique particulière ? Quel nombre d’objets interviennent d’un coté ou de l’autre de chaque relation ?
    Ces informations à propos de chacun de vos objets sont les champs de ces objets.

    • Quel est le type de chaque information ? Valeur numérique, date, position ?
      Chaque information peut-elle se retrouver plusieurs fois dans un même objet ? Certains objets sont-ils dépourvus d’une certaine information ?
      Chaque information prend-elle un nombre limité de valeurs, vous permettant de définir un vocabulaire ?
      Répondre à cette question vous permetra de déterminer le type et le nombre d’occurences (arité) de chaque champ, ainsi que son caractère obligatoire, recommandé ou optionnel.

  4. Affinez votre conception ; rechercher des erreurs, des doublons ou des incohérences sémantiques.
    Ajoutez quelques enregistrements « tests » à votre base de donnée, vérifiez que le résultat correspond à vos objectifs. Si vous travaillerez en équipe dans votre base de données, envisagez les erreurs de saisie probables et le moyen de les éviter. Assurez-vous que chaque champ de chaque objet soit clairement documenté, que sa description soit non équivoque. Le cas échéant, vérifiez la cohérence entre vos choix et les standards en vigueur dans votre discipline.
    N’hésitez pas à faire itérativement les ajustements nécessaires avant d’entrer votre jeu de données complet.

Par exemple, si on veut représenter une base de données de personnes avec leurs dates et pays de naissance, on peut créer deux modèles :

  • le modèle Pays, avec seulement :

    • un champ nom, de type "chaîne de caractères" ;

  • le modèle Personne, avec :

    • un champ nom de type "chaîne de caractères",

    • un champ date de naissance de type "date", et

    • un champ lieu de naissance de type Pays.

Présentation d’Heurist

Le système de gestion de base de données Heurist est développé depuis 2005 spécifiquement pour les chercheurs et les chercheuses en sciences humaines. Ce logiciel vous permet de concevoir rapidement, de modifier facilement, d’analyser et de publier vous-mêmes vos propres bases de données, même complexes. Il ne nécessite pas de connaissance technique ni d’expérience en programmation, et fonctionne par le simple intermédiaire d’un navigateur web. Heurist est relativement simple d’accès, flexible, et particulièrement adapté aux besoins en données des spécialistes des sciences humaines. Il est de plus pérenne, car soutenu par la Très Grande Infrastructure de Recherche (TGIR) Huma-Num.

Quel que soit votre domaine de recherche ou d’études, Heurist gère tout type de données : textes, tags, mots-clefs et catégories, réseaux, relations riches et annotations, images, vidéos, données spatialisées, personnes, parcours de vie, rencontres, … Des recherches sophistiquées peuvent être paramétrées, organisées et visualisées, et facilement intégrées un site web créé dans le CMS interne de Heurist, ou sur un site web personnel ou institutionnel.

Enfin, Heurist est un logiciel libre.

Créer sa base de données

Heurist étant un logiciel libre, chacun a le droit d’en installer une instance où il le désire. L’installation d’Heurist sort du cadre de cette leçon ; aussi, nous allons utiliser une instance déjà existante. Pour maximiser la pérénnité de nos données scientifique, le mieux est de privilégier une instance institutionnelle. Hormis l’instance historique de l’Université de Sydney, il en existe une d’un intérêt particulier pour la communauté scientifique française : celle maintenue par la TGIR Huma-Num. Les deux proposent une version du logiciel équivalente, mais il vaut mieux utiliser celle qui est la plus « proche » de vous. Pour le lecteur français, mieux vaut donc utiliser celle d’Huma-Num.

Pour créer votre base de données, appuyez sur le bouton Create your own database. Heurist vous demande les informations requises pour la création d’un compte administrateur pour votre base de données, notamment un identifiant et un mot de passe : souvenez-vous en !

Vous pourrez évidemment inviter d’autres personnes à travailler avec vous sur cette base de données. Pour en savoir plus, consultez la section Gérer ses droits d’accès.

Une fois ces informations renseignées, nommez votre base de données et appuyez sur Create database.

Enfin, visitez le lien qu’Heurist vous donne et authentifiez vous avec les identifiants que vous avez précédemment choisis.

Du moment que vous connaissez le nom d’une base de données, vous pouvez la retrouver sur cette page.

Créer ses enregistrements

Créer un nouvel enregistrement se fait grâce à l’onglet Populate.

Pour saisir un nouvel enregistrement dans votre base , cliquez sur Populate, puis New record, et choisissez le modèle correspondant à votre enregistrement.

Dans la boîte de dialogue qui s’ouvre, renseignez les informations correspondantes à votre enregistrement dans chacun des champs. Les champs indiqués en rouge correspondent à des informations obligatoires. Pour valider votre saisie, cliquez sur le bouton Save ou Save + Close.

add record menu
Figure 1. Menu d’ajout d’un enregistrement
add record fields
Figure 2. Champs d’un enregistrement: Family name et Given name(s) sont des chaînes de caractères ; Gender est une liste de choix basée sur un vocabulaire ; Representative picture un fichier (image) et Birth date une date.

Remarquez que, lorsque vous affectez une valeur aux différents champs, ceux-ci sont fortement typés : dates, nombres, listes de choix, url sont différenciés des simples chaînes de caractères. Cela est important pour la structuration et la cohérence de votre base de donnée. En effet, ce typage possède une sémantique forte et réduit le risque d’erreurs de saisie.

Prenons l’exemple d’un champ date de naissance de type Date.
Il est à la fois facile d’identifier les erreurs dans notre base de donnée, puisqu’un enregistrement qui aurait "1" ou "bonjour" comme valeur pour date de naissance serait invalide.
De plus, considérez la chaîne de caractère "01/02/03" : est-ce le 1er février 2003 ? Le 2 mars 2001 ? Chaque pays a ses propres normes concernant le format des dates, et votre base de données peut accueillir plusieurs contributeurs. Il est bien plus facile de saisir une date sur un calendrier que de forcer tous vos contributeurs à se rappeler à chaque instant un format de saisie précis !

  1. Créez un pays. Pour cela, servez vous du modèle Place. Renseignez au minimum les champs Primary place name et Place type.

  2. Créez une personne, par exemple vous-même. Pour cela, servez vous du modèle Person. Dans l’onglet Primary information, renseignez au minimum le champ Family name. Dans l’onglet Biography, renseignez au minimum le champ Place of Birth.

  3. Créez les personnes suivantes :

    • Greta Thunberg (née en 2003 en Suède) ;

    • Barack Obama (né en 1961 aux États-Unis) ;

    • Charles Lindbergh (né en 1902 aux États-Unis) ;

    • Elizabeth II (née en 1926 au Royaume-Uni) ;

    • le Mahatma Gandhi (né en 1869 en Inde).

    Il est évidemment inutile de créer deux fois un même pays !

  4. Renommez votre Place «États-Unis» en «United States».
    Quel est l’impact sur les Person «Barack Obama» et «Charles Lindbergh» ?

Avez-vous eu des hésitations sur la manière de saisir les données concernant certaines de ces personnes, en particulier les deux dernières ? Si oui, c’est tout à fait normal ! C’est une illustration pratique du genre de question qui se posent lorsqu’il s’agit de concevoir sa base de données. Ce que vous devriez ajouter à votre base, ce sont les champs (intitulé, type, caractère obligatoire, arité, …​) les plus appropriés pour votre corpus, en utilisant le niveau de précision nécessaire pour répondre à votre problématique.

Rechercher ses enregistrements

Rechercher un enregistrement ou un groupe d’enregistrements correspondant à certains critères se fait grâce à l’onglet Explore.

En entrant dans la barre de recherche un ou plusieurs termes puis en validant avec le bouton d’exécution de requête (ou la touche Entrée de votre clavier), Heurist retrouvera les enregistrements qui correspondent à tous ces termes. C’est ce qu’on appelle une requête (filter) simple.

query
Figure 3. Exemple de requête simple

Si vous désirez ne retenir dans les résultats que des enregistrements d’un modèle particulier et/ou que vous voulez que votre terme de recherche ne soit recherché que dans un champ particulier, vous pouvez utiliser le bouton de construction de requête.

Renseignez vos critères et exécutez votre requête avec le bouton d’exécution de requête.

query filter builder
Figure 4. Construction d’une requête multi-critères

Si vous prévoyez de réutiliser régulièrement une requête, vous pouvez la rajouter à vos requêtes favorites avec le bouton de sauvegarde de requête. Outre ne pas vous forcer à rentrer vos critères à chaque fois, les requêtes favorites peuvent aussi être nommées et partagées avec les autres utilisateurs de la base.

Supprimer ses enregistrements

Pour supprimer un (ou plusieurs) enregistrement(s), recherchez-le et sélectionnez-le dans la liste des résultats de requêtes (la sélection groupée est possible). Puis, cliquez sur le bouton Selected, et cliquez sur Delete dans le menu déroulant.

Attention, la suppression de chaque enregistrement est définitive !

Éditer ses modèles

Utiliser les modèles proposés par défaut dans Heurist est utile, certes. Cependant, dans de nombreuses situations, il sera utile de savoir modifier ces modèles par défaut pour les adapter à vos besoins, voire de créer vos propres modèles de zéro.

Pour illustrer ces situations, servons-nous du jeu de données suivant, issu de la science ouverte : Time’s Person of the Year, 1927-Present.

  1. Étudiez ce jeu de données en vous posant les questions précédemment posées dans la section Concevoir sa base de données.

  2. Est-ce que certains des modèles Heurist que vous avez déjà utilisés sont utilisables dans ce cas ? Si oui, lesquels ?

  3. Quel(s) modèle(s) devriez-vous au contraire créer de toutes pièces ?
    De quel(s) champ(s) seraient dotés ce(s) modèle(s) ?

Créer un nouveau modèle, ou adapter un modèle existant se fait grâce à l’onglet Design.

Pour modifier un modèle existant, cliquez sur Design, puis Record types, et recherchez le modèle répondant à votre besoin. Tous les modèles sont regroupés par catégories.

  • Éditez votre modèle en cliquant sur le bouton d’édition.

  • Si vous ne trouvez aucun modèle adapté à votre besoin, créez un nouveau modèle en cliquant sur le bouton d’ajout de modèle.

Dans la boîte de dialogue qui s’ouvre, modifier le modèle à votre convenance. Vous pouvez ajouter des champs, modifier les caractéristiques d’un champ existant, voire supprimer un champ. Attention, chaque modification que vous ferez sera validée automatiquement. Lorsque vous avez terminé, cliquez sur le bouton Close.

edit model menu
Figure 5. Menu de modification des modèles

Les modèles de votre base de données devraient toujours être les plus cohérents possible les uns avec les autres, et avec les standards en vigeur dans votre discipline. Lorsque cela est possible, il est donc bon de réutiliser au maximum les modèles et les champs déjà existants dans votre base.

Par exemple, il n’est souvent pas réellement nécessaire de créer trois champs différents «nom», «titre» et «intitulé». Surtout si la norme (anglophone) de métadonnées que vous désirez respecter requiert une métadonnée «title». Dans un cas comme celui-ci, mieux vaut toujours réutiliser dans chaque modèle le même champ title, quitte à lui donner un libellé différent dans chaque modèle.

Heurist vous permet aussi d’expliciter les objectifs et la sémantique précise de chacun de vos champs grâce à un texte d’aide spécifique à chaque champ. Cette aide peut être affichée ou cachée grâce à la case à cocher Show Help située en haut de la fenêtre de création/modification d’un enregistrement.

En procédant ainsi, vous rendrez plus apparente la logique scientifique de votre équipe tout en vous appuyant sur un standard existant ; cela rendra votre base de données plus interopérable, compréhensible et donc FAIR.

Vocabulaires

Les vocabulaires permettent d’orienter et de contraindre les valeurs admises par certains champs de vos modèles. Ils aident à structurer votre base de données et contribuent à réduire le risque d’une erreur de saisie.

Chaque terme d’un vocabulaire donné peut avoir un nombre indéfini de parents et d’enfants. Les vocabulaires d’Heurist ne gèrent cependant pas les relations du type «synonyme», «traduction» ou «voir aussi». Donc, vous pouvez gérer un thésaurus dans Heurist, mais des modèles dédiés sont nécessaires.

Pour modifier un vocabulaire existant, par exemple pour en traduire les termes, ou pour en ajouter de nouveaux, cliquez sur Design, puis Vocabularies, et recherchez le modèle vocabulaire à votre besoin. Vous pouvez aussi créer de nouveaux vocabulaires de cette manière.

Champs géospatialisés

Si vos données sont géospatialisées, vous pouvez créer un champ de type Geospatial (point, line, polygon …​). Lorsque vous renseignez un tel champ, le format attendu par Heurist est Well-known text. Ce format permet de gérer un nombre arbitraire de points, de segments de droites et/ou de polygônes, contigus ou non.

Remarquez que, lorsque vous consultez les détails d’un enregistrement ayant un ou plusieurs champs géospatialisés, Heurist vous donne accès à une carte grâce au bouton d’affichage de la carte. De plus, vous avez accès à toutes les positions correspondant à vos résultats de recherche grâce à l’onglet Map-timeline.

query map
Figure 6. Vue géospatialisée des résultats d’une recherche

Supprimer un champ

Pour supprimer un champ dont vous ne voulez pas ou plus, il vous suffit de cliquer sur le champ concerné, puis sur le bouton de suppression de champ.

Notez que les onglets qui permettent de regrouper logiquement des groupes de champs, sont gérés comme des séparateurs entre ces groupes de champs. Si vous supprimez le titre d’un onglet de la même manière qu’un champ, les deux groupes précédemment séparés seront fusionnés en un seul.

edit model delete field
Figure 7. Suppression du champ Person type du modèle Person.

Une alternative au fait de supprimer pour de bon un champ est d'en changer la visibilité.

Changer la visibilité d’un champ

Vous pouvez à tout moment changer le caractère obligatoire ou non d’un champ.

  • Un champ obligatoire (required) rend un enregistrement invalide s’il n’est pas valué ;

  • Un champ recommandé (recommended) ne rend pas l’enregistrement invalide s’il n’est pas valué, mais peut empêcher ou compliquer certains traitements sur la base de données, ou gêner le raisonnement scientifique ;

  • Un champ optionnel (optional) est entièrement facultatif ;

  • Un champ caché (hidden) peut ne pas être utilisé, ou réservé à un usage interne aux administrateurs de la base de données ; un tel champ n’apparaîtra pas lors de la simple consultation des enregistrement.

edit model hide field
Figure 8. Changement de la visibilité du champ Gender du modèle Person d'optionnel à caché.

Importer des données

Heurist permet d’importer différents types de données depuis différents formats. Importer des données dans sa base se fait grâce à l’onglet Populate.

Par exemple, pour importer des données au format CSV, cliquez sur Populate, puis Delimited text / CSV. Ensuite, suivez les instructions données par Heurist pour importer des enregistrements correspondant à un de vos modèles, ainsi que, le cas échéant, les enregistrements dont ils dependent. En règle générale, chaque "colonne" de votre CSV correpond à un champ d’un de vos modèles.

Comme vous l’indique Heurist, importer les données de la sorte mettra à jour les enregistrements s’ils sont déjà présents dans votre base, et créera de nouveaux enregistrements dans le cas contraire. Ce comportement par défaut peut être modifié durant le processus d’import.

Ne pas «réussir» un import du premier coup est tout à fait normal.

Si cela vous arrive, n’hésitez pas à supprimer les enregistrement mal importés et à recommencer. De même, si vous constatez que vos modèles souffrent de défauts, n’hésitez pas à les modifier.

Comme nous l’avons vu précédemment, créer une base de données est un processus itératif. Rappelez-vous qu’une base de données n’est pas une fin en soi, et qu’elle doit avant tout répondre à un besoin (scientifique). En conséquence, faire des allers-retours entre des phases de réflexion sur la conception de base de données, et des phases d’import et de test de la base pour valider son adéquation avec vos objectifs est très habituel et fait partie de la réflexion propre aux base de données scientifiques.

Pour toutes ces raisons, lors de la création d’une nouvelle base, il est en général préférable de travailler avec des données «de test». Par exemple, utilisez un sous-ensemble de toutes vos données, un panel représentatif de données. Cela vous fera gagner du temps lors de vos phases itératives de conception / import / validation de votre base.
Une fois que vous serez satisfaits de votre base de données, vous pourrez importer votre jeu de données réel / complet.

Téléchargez le jeu de données Time’s Person of the Year, 1927-Present au format .csv : [Lien] [Miroir]

Importez ensuite ce fichier dans la base de données Heurist que vous avez préparée aux exercices précédents.

  1. Étudiez le jeu de données Patrimoine Wallon - Sites , et concevez un schéma de bases de données comme vu précédemment. Attention, vous devez vous assurer d’utiliser toutes les données (ie. toutes les colonnes de la table !).

  2. Créez une nouvelle base de données Heurist, et créez-y vos modèles.

  3. Téléchargez le jeu de données au format .csv : [Lien]
    Puis, tentez de l’importer dans votre base de données Heurist. Quels problèmes rencontrez-vous ?
    Indices : Ouvrez le fichier avec un fichier texte, puis étudiez les points suivants :

    • qu’implique le fait d’avoir séparé les valeurs multiples dans la colonne Historique par des nouvelles lignes ?

    • le format des données dans la colonne Geo Shape correspond-il au format attendu par Heurist ?

  4. Corrigez le fichier .csv que vous avez téléchargez de manière à ce que l’import dans Heurist puisse se faire.
    Si vous n’y arrivez pas, vous pouvez comparer le fichier d’origine avec le fichier que j’ai «nettoyé» pour vous ici : [Lien]

Exporter des données

Pour exporter un (ou plusieurs) enregistrement(s), recherchez-le et sélectionnez-le dans la liste des résultats de requêtes (la sélection groupée est possible). Ensuite, dans la zone de droite, cliquez sur l’onglet Publish, et choisissez le type d’export qui vous convient.

Exportez tous les enregistrements Person de votre base de données au format CSV. Quelles sont les différences entre ce fichier et le CSV que vous avez téléchargé lors de l’exercice Importer vos données ?

Gérer ses droits d’accès

Pour gérer les utilisateurs de votre base de données ainsi que les droits d’accès dont ils disposent, cliquez sur l’onglet Admin.

Pour donner des droits spécifiques à quelqu’un, il est nécessaire de l’ajouter aux utilisateurs de votre base de données. Vous pouvez faire cela de deux manières :

  • Si cette personne utilise déjà une base de données Heurist sur le même serveur, cliquez sur Import user. Ensuite, recherchez le nom de la base de données à laquelle cette personne accède déjà, puis sélectionnez la personne en question avant de cliquer sur le bouton Select.

  • Sinon, cliquez sur Users, puis sur le bouton Add new user. Ensuite, entrez les informations concernant la personne : celle-ci recevra un email de bienvenue lui expliquant comment se connecter à votre base de données en reprenant les informations que vous avez saisi.

Une fois une personne ajoutée aux utilisateurs de votre base, lui donner des droits d’accès spécifiques se fait en l’ajoutant à un groupe d’utilisateurs (Workgroup).
Pour ce faire, cliquez sur Users puis sur la colonne Membership de l’utilisateur choisi. La boîte de dialogue qui s’ouvre vous permet d’affecter la personne en tant qu’administratrice ou comme simple membre d’un groupe spécifique.

Retirer tous ses droits à un utilisateur de la base se fait en cliquant sur la petite croix, tout à droite de chaque ligne de la liste Users.

Propriété et visibilité d’un ensemble d’enregistrements

Heurist permet de restreindre un sous-ensemble d’enregistrements à un groupe d’utilisateurs spécifique.

  1. Tout d’abord, recherchez vos enregistrements en exprimant votre requête de sorte à ce que vos résultats de recherche correspondent exactement aux critères du sous-ensemble d’enregistrements que vous cherchez à créer.

  2. Ceci fait, sélectionnez tous ces enregistrements en cliquant sur le bouton Selected, puis Select all.

  3. Ensuite, cliquez sur le bouton Share, puis sur le sous-menu Ownership / Visibility.
    La boîte de dialogue qui s’ouvre vous permet de configurer qui pourra voir ces enregistrements, et qui pourra les modifier.

En général, une équipe projet relativement complexe peut fonctionner avec par exemple quatre workgroups différents :

  • Un groupe Database Managers, pour les administrateurs techniques de la base de données. Les membres de ce groupe seront les seuls à pouvoir créer de nouveaux workgroups, et à effectuer des opérations critiques sur la base (comme de la supprimer purement et simplement).

  • (optionnel) Un groupe Website filters, qui n’est pas dédié à accueillir des utilisateurs, mais à rassembler les formulaires de recherche disponibles sur le site web de cette base de données.

  • Un groupe standard pour votre équipe projet, dont les membres seront les chercheurs aptes à saisir et/ou valider des informations scientifiquement fiables dans la base de données.
    Heurist nomme par défaut ce groupe Other users, mais vous pouvez le renommer par exemple Équipe projet.

  • (optionnel) Un groupe de contributeurs externes à votre équipe projet, qui peut créer de nouveaux enregistrements et les éditer, mais qui ne peut en aucun cas modifier les enregistrements appartenant au groupe précédent.

Les trois premiers groupes de la liste ci-dessus sont créés par défaut par Heurist.

Cette organisation permet de garantir la qualité scientifique de la majeure partie de la base de données, tout en acceptant les contribution extérieures d’étudiants, de stagiaires, ou plus généralement de personnes peu formées à Heurist ou à la démarche scientifique de votre équipe.

Publier

Pour créer un site web qui permettra de présenter votre projet, votre équipe et de consulter votre base de données, cliquez sur l’onglet Publish, et cliquez sur Create. Cette action génerera un site web simple mais modifiable pour qui dispose de quelques compétences en conception web.

Entrer dans les détails de la création d’un site web dépasse le cadre de cette leçon. Si vous rencontrez des problèmes, n’hésitez pas à poser vos questions à la liste de diffusion francophone des utilisateurs d’Heurist.

Lectures complémentaires

Alternatives

Heurist n’est pas, et de loin, le seul système de gestion de bases de données. Il existe de nombreuses alternatives, plus ou moins bien adaptées aux principes FAIR et à la science ouverte. Cependant, la plupart de ces alternatives nécessitent une certaine expérience technique (connaissance du langage SQL notamment).

  • MySQL est libre et gratuit, mais appartient à l’entreprise privée Oracle.

  • MariaDB est un clone (fork) de MySQL créé suite à des inquiétudes non apaisées par Oracle suite au rachat de MySQL par cette entreprise.

  • PostgreSQL est libre, gratuit et un peu plus complet.

  • SQLite est libre et gratuit, très léger à installer mais quelque peu limité en fonctionnalités pour une utilisation avancée.

  • LibreOffice Base est libre, gratuit et intégré avec le reste de la suite LibreOffice (anciennement OpenOffice), une alternative libre et gratuite à la suite Microsoft Office.

  • Citons aussi MongoDB et Redis, qui s’écartent du paradigme habituel des bases de données relationnelles.

  • Dans un contexte de recherche, mieux vaut éviter d’utiliser Oracle ou Access. En effet, ces deux outils sont privateurs, insuffisamment interopérables et coûtent à mon sens trop cher pour les fonctionnalités qu’ils proposent.

  • Enfin, FileMaker, logiciel privateur développé par Apple, est parfois utilisé par la recherche en SHS, malgré un coût de licence élevé.

À noter qu’un tableur tel qu’Excel n’est pas un vrai système de gestion de bases de données, car il ne propose aucun des bénéfices cités plus tôt.

Licence

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